La forêt boréale

La végétation

La forêt boréale grouille de vie. Commençons avec les arbres qui constituent le couvert forestier. On y trouve environ 20 espèces, et la plupart sont des conifères, c'est-à-dire qu'ils produisent des cônes contenant leurs graines. Les épinettes, les sapins, les pins et les mélèzes laricins sont les principales espèces se trouvant dans la forêt boréale canadienne. À l'exception du mélèze laricin, qui perd ses aiguilles chaque automne, ces conifères demeurent verts toute l'année. Des feuillus à larges feuilles caduques, comme le peuplier faux-tremble, le peuplier baumier et le bouleau, sont aussi largement répartis dans toute la forêt boréale.

Sous les conifères, la mousse pousse de façon si épaisse qu'elle forme un tapis complet à la surface du sol, le gardant humide et frais et empêchant beaucoup d'autres types de plantes de pousser. Les aires ouvertes sont tapissées de lichens jaunes, verts et gris pâle. Certains lichens poussent aussi sur le bois. Le lichen est une combinaison de champignons et d'algues qui s'avantagent mutuellement : les champignons sous-jacents offrent un soutien structurel au lichen, alors que la couche gonidiale supérieure dispose de chlorophylle fournissant de la nourriture au lichen grâce à la photosynthèse. Le lichen demeure intact toute l'année et constitue une importante source de nourriture en hiver pour des espèces comme le caribou.

Les terres humides – tourbières et marais – occupent 30% de la forêt boréale du Canada. Les terres humides boréales, souvent appelées fondrières ou tourbières, se trouvent généralement sur des terrains plats mal drainés. La matière végétale se décompose lentement là où le sol est frais et humide, formant ainsi une couverture de matière dont l'épaisseur est souvent de plusieurs mètres. La végétation de la tourbière comprend de la sphaigne et d'autres mousses, du carex et des petits arbustes. Les tourbières boisées, composées principalement de mélèzes laricins et d'épinettes noires, sont également répandues. Certaines mousses, comme la sphaigne, sont particulièrement importantes dans les tourbières où elles peuvent créer des milieux acides.

les oiseaux

Près de la moitié des oiseaux de l'Amérique du Nord dépendent de la forêt boréale à certains moments de l'année. On estime qu'au moins trois milliards d'oiseaux terrestres, aquatiques et de rivage s'y reproduisent chaque année, ce qui représente plus de 300 espèces. Un autre 300 millions d'oiseaux, notamment plusieurs espèces d'oiseaux de rivage, de cygnes et d'oies, se reproduisent plus au nord et se déplacent au sein de la forêt boréale pendant la migration.

© Aude Rokosz

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les mammifères

La forêt boréale abrite plus de 85 espèces de mammifères, notamment certains des plus imposants et majestueux – bison des bois, wapiti, orignal, caribou des bois, grizzli, ours noir et loup – et des espèces plus petites, comme le castor, le lièvre d'Amérique, le lynx du Canada, l'écureuil roux, le lemming, et le campagnol. Parmi ces espèces, le lièvre d'Amérique est le plus important du point de vue écologique. Il représente une source de nourriture pour beaucoup de prédateurs de la forêt boréale (les mammifères comme les oiseaux) et se nourrit d'une variété de plantes et d'arbustes, liant toutes ces espèces dans un réseau trophique serré.

Le castor est l'un des animaux les plus importants de la forêt boréale. Avec ses dents d'en avant, qui ne cessent de pousser, il fait tomber les arbres, en mange les feuilles, les brindilles et l'écorce, puis utilise le bois pour construire des barrages et des huttes. Ses barrages inondent des parties de la forêt, créant ainsi des étangs et des terres humides qu'utilisent les poissons, la sauvagine et les amphibiens.

Les insectes

On estime que 32 000 espèces d'insectes habitent dans la forêt boréale du Canada, bien qu'environ le tiers de ces espèces n'aient pas encore été décrites. Parmi les espèces connues, plusieurs sont particulièrement bien adaptées à leur habitat. Par exemple, les buprestes pyromètres disposent d'organes de détection infrarouge sur leur corps, qui leur permettent de suivre la chaleur des feux de forêt lorsqu'elles cherchent des arbres fraîchement brûlés sur lesquels pondre leurs oeufs.

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D'autres espèces, comme le longicorne noir, utilisent leurs longues antennes pour détecter les produits chimiques dans la fumée et le charbon afin d'atteindre le même but. Comme beaucoup d'autres espèces d'insectes, en plus d'entamer la décomposition des arbres détruits par le feu, ces deux espèces représentent une importante partie du régime de plusieurs espèces d'oiseaux se trouvant communément dans les forêts brûlées.